Bollywood sur Ayguebelle présente « Serge, tu sais ce qu’elles te disent les abeilles ! »

En ces temps d’élections les candidats de tous bords tentent de verdir leurs programmes avec l’intention évidente de flatter dans le sens du poil, un électorat de plus en plus sensible aux problématiques environnementales et de santé. Plus ou moins sincères, plus ou moins habiles, plus ou moins réalistes, le maquillage écologique est à la mode chez les prétendants à l’investiture. 

A cette fin, tout fait ventre. La recette reste peu ou prou la même. Une dose d’abeille, deux pincées de chauve-souris, un soupçon de vélo et hop, le tour est joué. Surtout ne pas oublier de dénigrer le côté utopiste des écologistes. Il est vrai qu’après avoir bétonné pendant tant d’année notre cadre de vie, toute tentative de reprendre les rennes peut paraitre utopiste. La faute à qui ?

Et c’est là que notre candidat à la TRIPLE MANDATURE rentre en scène. J’ai nommé Serge Deuilhé, chaussures de haute montagne cousues de fil blanc au pied, accompagné de Marie-Claude Leclerc. 

Connaissant l’intérêt de Serge Deuilhé pour l’écologie, j’ai tout de suite flairé l’arnaque, l’entourloupe, le coup de pub. Bien m’en a pris car le résultat de ma petite enquête dépasse toutes mes attentes. Mise en scène et récupération écolo sont de sortie !

Jacques Chirac allait tâter le cul des vaches au salon de l’agriculture, Serge et Marie Claude, c’est plutôt le cheval. Chacun ses goûts ! Ils font tout de même très fort en se faisant livrer un cheval de trait directement sur place pour réaliser quelques clichés électoraux totalement factices.

Candidats atteints de verdissement aigu

On se fout de qui ? De moi ? ah bon ?

Les coulisses d’une supercherie

Pourquoi une supercherie me demanderez vous ? Plusieurs raisons que je vais détailler ici et qui mettent en évidence le côté opportuniste de cette mise en scène. Car mise en scène, il y’a.

Le site

Tout d’abord parlons du lieu. Il s’agit d’un espace limité, pas plus grand qu’un terrain de foot, au bord de la nouvelle RD937. Ce tronçon de départementale vient d’être ouverte à la circulation après une interminable attente de plus de 20 ans. Une attente directement liée aux luttes de pouvoirs et aux guerres d’égo qui animent le landernau départemental et régional. Le genre de problématique que l’interdiction du cumul de mandat pourrait limiter fortement. C’est le sens premier de ma démarche politique, vous le savez maintenant.

Vous le voyez, le lieu concerne une zone utilitaire en bordure de la RD937 proprement dite. La photo 2 nous montre l’emploi qui en été fait pendant les travaux : Stockage de matériaux, parking des engins de chantiers et Algeco pour le personnel du chantier.

Il ne s’agit donc pas d’une zone autour de la RD937 mais bien du chantier de la RD937 lui même.

Il ne s’agit donc pas d’une avancé écologique mais juste d’une remise en état d’un site préalablement sauvage, une pelouse acidiphile selon les termes scientifiques de l’étude environnementale, avec sa flore et sa faune spécifique. 

En clair un lieu ou les abeilles vaquaient tranquillement à leurs occupations avant qu’on ne viennent les em… ! 

Par ailleurs il suffit de traverser la route pour voir que la végétation n’a nul besoin des élections départementales pour prospérer (photo 4), ni du cheval, ni des caméras et encore moins des candidats !

Des élus amnésiques

Nous touchons au véritable objet de cet article, dénoncer une pure opération de communication opportuniste. Et cela sur le site d’un chantier d’aménagement conduit par le département. Un chantier qui n’a rien d’écologique suite à la mise en œuvre de l’article L. 411-2 du code de l’environnement.

Que l’on soit pour ou contre, quoi que l’on en pense, la RD937 est et restera une trouée de béton et d’acier dans un milieu naturel varié, avec son lot de pollutions. C’est un fait.

Le code de l’environnement et tout particulièrement l’article L411-1 sont normalement prévus pour limiter, voire empêcher, toute ou partie des dégâts que peut provoquer un chantier de cette ampleur.

Sauf si l’on invoque l’article L411-2 qui permet de déroger à la règle.

Le département a demandé une dérogation (jointe). Un document intitulé : « Dossier de demande de dérogation pour destruction d’individus, déplacement d’espèces et destruction et altération d’habitats d’espèces, au titre de l’article L. 411-2 du code de l’environnement ». Un document réalisé par un bureau d’étude spécialisé, Biotope, spécialement mandaté.

Le titre est suffisamment explicite et n’a pas besoin d’être commenté plus avant. 

Nous avons donc d’un coté la destruction d’individus, le déplacement d’espèces et la destruction et l’altération d’habitats d’espèces sur plusieurs dizaines d’hectares et de l’autre une prétendue opération écologique sur la surface d’un terrain de foot. Je fais appel à votre bon sens et vous laisse juge.

Quelle indécence ! De qui se moque t’on ?

Article L411-1
Article L411-2

* Le dossier est en PDF mais assez volumineux et peut être assez long à charger.

Je vous engage à feuilleter le document dérogatoire qui propose quantité d’informations fort intéressantes comme l’étude des différents types de végétation (photo de droite).

Hypocrisie avérée

Un autre point dont on ne vous parle pas concerne le devenir de la prairie située de l’autre côté de la route. Ce que ne vous dit pas Serge Deuilhé pourtant maire de Saint-lys et vice président au Muretain agglo c’est que la zone de l’autre côté de la route, 50 mètres à vol d’oiseau (encadrée en orange sur la vue de droite) est destinée de longue date à recevoir la future Zone d’Activité Commerciale.

Une zone qui sera en tous points similaire à la ZAC du Boutet actuelle.

Il faudra que l’on m’explique ou seront les plantes mellifères dans cette future zone qui devra surement elle aussi faire jouer la dérogation de l’article 411-2.

Le cheval ? S’il ne laboure pas que fait-il sur la photo ?

Je me suis rendu sur place le lendemain de la publication pour constater le travail de labour, histoire de visualiser par moi même le travail de ce brave animal.

Et bien je n’ai rien vu qui ressemble à des sillons de charrue. Aucun travail agricole attribuable à un cheval ni même à un être humain. Rien ! Un lopin de terre de très mauvaise qualité parsemé de nombreux cailloux. Par contre les traces des chenilles des engins de chantier sont toujours présentes ce qui me fait dire que nous sommes devant une impensable mise en scène. 

Encore une fois regardez les photos et jugez par vous même.

Pas de bol avec le miel

Fidèle à ses habitudes, Serge Deuilhé se met en scène via une promotion photoshopée et convenue, mais lorsqu’on gratte un peu, le vernis s’écaille et il est aisé de constater le décalage entre les paroles et les actes. 

Il existe de nombreuses similitudes avec l’opération de COM « produits locaux » menée par la mairie au moment de Noël lors de la distribution d’un colis gratuit aux ainés de la commune. Des produits n’ayant rien de local, dont Thierry Bertrand avait judicieusement relevé les provenances lointaines en conseil municipal. Tous achetés via un prestataire, lui aussi lointain. Les commerçants locaux n’ayant pas été consultés, bien évidement. Dans le même temps fleurissaient des affiches en ville « Soutenez vos commerçants, achetez local ». L’abaissement de l’âge des bénéficiaires et l’attribution sans conditions de ressources faisant clairement penser à une opération de COM teintée de clientélisme à l’adresse des séniors.

Comment faire confiance à pareil attelage ?

Anecdote, le colis contenait un pot de miel « exotique » ce qui me fait dire que le candidat au TRIPLE MANDAT est bien malheureux avec les abeilles, d’où le titre de cet article.

Alors de grâce, épargnez nous vos de coup de COM. C’est carrément indécent en plus d’être cousu de fil blanc.

Adishatz

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