Nous ne voulons pas d’un CPAR, ni à la joie de vivre, ni ailleurs dans Saint-Lys

Ou comment le maire, Serge Deuilhé et ses conseillers godillots veulent livrer des bâtiments communaux vides à Adoma. Le retour de bâton d’une gestion municipale à la petite semaine. 

Dans l’aviation, en cas d’alarme cabine, nous avions l’habitude de dire « places tes mains sous tes fesses et analyse la situation ». La précipitation est mauvaise conseillère. Aussi, avant de pondre ce papier, j’ai pris le temps de la réflexion et de la discussion. Mêlant détresse humaine, devoir d’entraide, nécessaire compassion mais aussi incompréhension, crainte et défiance, le sujet est singulier dans notre petite commune et excessivement délicat.

Un CPAR, un centre de préparation au départ pour des étrangers en situation irrégulière devant quitter le territoire (Obligation de Quitter le Territoire Français) s’installe à Saint-Lys. Voilà qui mérite que l’on s’y arrête, que l’on s’interroge collectivement.

Il faut bien avouer que l’installation d’un centre de ce type n’est pas franchement le genre de reconversion que nous aurions souhaité pour cette maison de retraite (EHPAD) ou tant de nos anciens ont été accompagnés dans les dernières années de leur vie par un personnel dévoué.

Qu’aurions-nous aimé y voir ? Un centre médical qui fait tant défaut dans la commune. Une résidence pour jeune travailleur ou une résidence pour les séniors ? Peu importe ce que nous en pensons, personne ne nous consulte. Notre avis est négligeable et négligé. Mon propre avis de conseiller municipal n’est pas non plus requis. Je n’ai d’ailleurs pas été invité à le partager.

Une chose est sure nous aurions préféré avoir un lieu plein de vie, générateur d’emploi et non une quasi-prison occupée par des personnes en transit. Des occupants, sans cesse renouvelés, dont les attentes varient au gré de leurs histoires personnelles et de leurs nationalités. Une majorité d’hommes seuls, quelques familles. Certains sont volontaires pour retourner dans leur pays et recevoir aide et accompagnement. D’autres ne le sont pas et ne songent qu’à disparaitre dans la nature. Les trop rares statistiques préfectorales en font état. Les CPAR n’ont guère d’historique.

Une pensée pour le maire. Vraiment ce pauvre homme n’a pas de bol. Le « hasard » s’acharne contre lui. D’abord le préfet de Haute-Garonne qui ne comprend rien à sa gestion des logements sociaux et qui le sanctionne par une « mise en carence » et maintenant la deuxième lame du préfet de région qui lui glisse un CPAR à travers la porte laissée ouverte par la carence.

Les cris d’orfraie des « Serial-enfumeurs », Serge Deuilhé et Fabrice Planchon

Comment s’en sortir politiquement alors que tout le monde s’acharne contre lui ? Cette fois, pas question de se défausser sur Jacques, et encore moins sur André, la ficelle serait trop grosse.

Pas de défausse ? On va donc allumer des contres feux, dresser des écrans de fumée, jeter un voile opaque sur l’affaire, en dire le moins possible et en parallèle alimenter les vieilles polémiques du passé. Cela a fonctionné jusqu’à maintenant alors pourquoi ne pas continuer ?

A les entendre, l’opposition ne serait pas constructive, l’opposition volerait aux ras des pâquerettes. Nous sommes petits selon Fabrice Planchon. Des jugements à l’emporte-pièce clamés avec des trémolos pagnolesques dans la voix, destinés à exciter le petit Landernau saint-lysien.

En fait une manœuvre murie depuis juin pour orienter les débats ailleurs que sur le fond. Pendant que l’on se chamaille, on ne parle pas de l’essentiel. Un enfumage politique !

Au courant depuis juin, l’affaire sort en octobre ! Pourquoi ?

Selon les informations que nous avons obtenues aux forceps lors du dernier conseil municipal, la totalité des faits remontent au mois de juin 2021. Pile poil pendant la campagne électorale des départementales ! Ce n’est un secret pour personne, annoncer l’arrivée d’un centre d’accueil de 130 étrangers en situation irrégulière, frappés d’OQTF, ça fait plutôt désordre sur le CV d’un candidat.

Autant glisser le dossier en bas de la pile, laisser passer les élections départementales, les vacances, la rentrée scolaire, annuler le conseil municipal de septembre pour ne le ressortir que mi-octobre, soit 4 mois ½ plus tard et seulement 2 jours avant le conseil municipal du 11 octobre 2021. Et on s’entend dire que nous ne sommes pas constructifs ! De qui se moque t-on ?

Pourquoi ne pas avoir réagi dès le mois de juin ? Pour ne pas entacher la campagne des départementales ? Toujours est-il que c’est encore 5 mois de perdus.

Tout ceci est inacceptable. Les saint-lysiens ne sont pas dupes.

Ambiguïté chérie et gestion à la petite semaine

Serge Deuilhé nous annonce en conseil municipal avoir découvert l’affaire fortuitement, par hasard.

Selon d’autres sources, la préfète serait venue personnellement en mairie début juin pour annoncer le projet Adoma.

Il est important de préciser que Serge Deuilhé n’a produit à ce jour aucun document, d’aucune sorte sur aucunes des étapes du projet. A ce stade, nous ne disposons d’aucun document officiel. Rien.

Tout aussi important, nous ne disposons d’aucune information d’Adoma. Le maire n’ayant pas songé à provoquer un débat avec Adoma et le conseil municipal. Nous nous retrouvons exactement dans la même situation que lors du débat sur l’eau potable ou l’opposition avait dû exiger la venue du SIECT et du SAGE pour un débat contradictoire. Dans ces conditions comment se prononcer sur le sujet ?

Depuis juin, Serge Deuilhé disposait de tout le temps nécessaire pour organiser une ou plusieurs réunions entre le conseil et les différents intervenants. Une démarche qui aurait été constructive.

Le départ de « la joie de vivre » de Saint-Lys vers Fonsorbes est dans les tuyaux depuis au moins 2017. Serge Deuilhé était déjà maire de Saint-Lys. Le procès-verbal du conseil municipal du 20 novembre 2017 en atteste. Il fait état d’une rencontre en commission urbanisme, le 18 novembre 2017, avec les exploitants de l’EHPAD « La joie de Vivre » concernant leur départ prochain de Saint-Lys. L’opposition de l’époque s’était déjà inquiétée du devenir des locaux. Le maire s’était voulu rassurant. Des démarches seraient lancées. L’opposition allait être conviée à participer. Rien.

Le 20 novembre 2019, l’installation de « la joie de vivre » à Fonsorbes est présenté au conseil municipal fonsorbais. Martine Danes, superviseur Occitanie pour Domusvi, rapporte « J’ai proposé à l’ARS et au Conseil Départemental de transférer les lits sur Fonsorbes. Leur avis a été plutôt favorable puisqu’ils trouvaient que c’était plutôt judicieux. Nous avons eu quelques petits échanges avec la Mairie de Saint-Lys, qui était un peu contrariée, mais qui finalement s’est bien résolue. » mais aussi « Nous avons donc pu avancer sur ce projet. Grâce à Mme Siméon, nous avons été mis en contact avec Mme Davila, auprès de qui nous avons pu acheter un terrain qui nous convenait. »

Par ailleurs, dans le programme électoral pour les municipales de 2019 le candidat Deuilhé faisait cette promesse parmi tant d’autres :

« Dans le cadre du déménagement de la résidence “La Joie de Vivre”, nous rechercherons les partenariats privés permettant d’offrir un nouveau cadre de vie aux aînés (logements adaptés, résidence senior) »

Préempter ? Pourquoi pas, mais pour faire quoi ? Quel budget ? Quel partenaire ? Un Escalys bis ?

La commune, dès lors qu’un bien est mise en vente, peut se porter acquéreur. On appelle cela le droit de préemption. La commune devient propriétaire du bien mais aussi des charges liées.

Le maire Serge Deuilhé et son adjointe à l’urbanisme Céline Bruniera assurent avoir voulu préempter « la joie de vivre ». Ils en auraient été empêchés par la mise en carence prononcée par le préfet. La carence transfère le droit de préemption aux services de l’état. Du coup, la commune n’est plus maitresse chez elle. Aucune trace de tout ceci, c’est la parole du maire.

Fortuitement, et c’est très important, nous apprenons que la commune de Saint-Lys dont les caisses sont vides, le budget voté, aurait sans crier garde, préempté un bien d’une valeur estimée entre 2 et 3 millions d’euros (hors frais de remise en état) sans aucun projet, sans aucun partenariat. Rappelons que le budget de la commune gravite aux alentours de 12 millions d’euros à peine. Le programme électoral du maire ne prévoit seulement qu’une recherche de partenariat.

Sans partenariat, la commune serait devenue propriétaire d’un bien inoccupé, avec juste une vague idée de ce qu’elle pourrait bien en faire. Quid des normes, des frais d’entretien, de la revente, etc. ? 

Nous avons déjà sous les yeux l’exemple de l’Escalys dont on ne connait toujours pas le bilan d’exploitation 2 ans après sa mise en service.

En refusant la préemption, le préfet a probablement épargné à Saint-Lys de lourdes conséquences financières.

Théâtre de nô ou l’inacceptable motion

Une motion inacceptable sur bien des points. Même si je fais fi des conditions dans lesquelles cette motion est arrivée sur la table, des délais, des retards, de l’absence de documents officiels, de l’invraisemblable accumulation de convenance et de la candeur des propositions ne s’appuyant sur rien de solide, je souhaite retenir deux éléments à mes yeux importants :

Noyé dans le texte de la motion :

« De proposer à ADOMA d’autres bâtiments communaux libres d’occupation pour le dispositif CPAR. A cet effet, la collectivité dispose à ce jour de bâtiments communaux, libres d’occupation qui permettraient d’accueillir des familles de demandeurs d’asile. S’agissant d’ores et déjà de logements, le réaménagement pourrait se faire à moindre coût pour les services de l’état et ses partenaires tels qu’ADOMA. De plus, la diminution du nombre de personnes accueillies permettra de promouvoir collectivement ces projets et ainsi favoriser leur réussite au sein de nos territoires. »

Serge Deuilhé ne souhaite pas voir le CPAR à « la joie de vivre » mais quelque part ailleurs dans Saint-Lys. Il indique même « ces projets » au pluriel, ce qui laisse penser qu’il envisage plusieurs bâtiments. J’ai demandé la localisation des bâtiments concernés, sans obtenir de réponse.

Par ailleurs, le CPAR ne s’adresse pas à des demandeurs d’asile mais à l’ensemble des étrangers en situation irrégulière que l’on veut voir quitter le territoire français.

A la fin de la motion :

« PREND ACTE de la motion ci-dessus ; DONNE mandat à Monsieur le Maire, pour mener et poursuivre les démarches relatives aux propositions ci-dessus et adresser un courrier à la Préfecture ; AUTORISE monsieur le maire, à transmettre la présente à toutes autorités compétentes. »

Serge Deuilhé est maire de Saint-Lys depuis 2016. Il dispose de tous les pouvoirs nécessaires pour traiter le dossier. Nul besoin de nous demander de le mandater. Il est déjà mandaté depuis 2016 pour défendre les intérêts des saint-lysiens. C’est le principe même de l’élection municipale. Alors à quoi bon nous proposer sa motion, si ce n’est pour entrainer l’opposition dans son naufrage ?

 

En conclusion

En analysant froidement la situation actuelle, force est de constater que depuis 2017, rien de concret n’a été mené par l’équipe municipale et son maire, Serge Deuilhé. Alors que pendant 4 ans, Domusvi, Fonsorbes, l’Agence Régionale de Santé, le département, les préfets de Haute-Garonne et d’Occitanie, CDC Habitat, Adoma s’activaient publiquement sur le dossier l’équipe municipale n’a rien vu venir.

J’ai décidé de ne pas cautionner une motion qui n’est rien d’autre qu’un enfumage politique.

J’ai décidé de ne pas cautionner l’isolement dans lequel nous enferme l’équipe municipale.

J’ai décidé de ne pas cautionner l’incompétence de l’équipe municipale qui nous a placé en carence et de fait dans l’impossibilité de nous défendre.

Je trouve inacceptable qu’aucun élu de la majorité ne s’interroge sur l’utilisation d’un ou plusieurs bâtiments municipaux, au cœur de Saint-Lys pour accueillir un CPAR sans savoir lesquels.

Je trouve inacceptable que les élus de la majorité cautionnent une motion bâclée, préparée dans l’urgence, remplie de zone d’ombre. Ils se discréditent durablement aux yeux des saint-lysiens.

Les signataires de la motion :

Denis Buvat, Céline Bruniera, Monique d’Oliveira, Caroline Ferrer, Carole Gaudez, Patricia Goupil, Arlette Grangé, Jean Luc Jousse, Gilbert Laborde, Philippe Landes, Patrice Larrieu, Corinne Laye, Cathy Louit, Denis Perry, Fabrice Planchon, Laurence Roussel, Simon Sanchez, Christophe Solomiac, Jean François Sutra,

Mesdames, messieurs, nous ne vous remercions pas.

Adishatz

2 réflexions sur “Nous ne voulons pas d’un CPAR, ni à la joie de vivre, ni ailleurs dans Saint-Lys”

  1. Excellente analyse !
    Quel gâchis, en fait, vous avez été le cheval de troie dans l’équipe Deuilhé. Et, intègre.
    J’espère sincèrement que le peu de Saint-Lysiens votants aveuglément pour une équipe d incompétents comprendront.
    Cordialement

    1. Merci Philippe,
      Cheval de Troie, pas tout à fait ! Tout d’abord, contrairement à ce brave animal, je ne suis pas entré avec de mauvaises intentions, bien au contraire. Ensuite le célèbre canasson a causé la perte des Troyens. L’équipe Deuilhé est passée tout près de l’explosion en fin d’année 2020 avec le départ de 4 conseillers, mais elle résiste encore !
      Mon travail supposé n’est donc pas terminé 😉 d’autant que les évènements récents, la mise en carence, les choix fait sur le PLU et l’arrivée d’un CPAR placent certains conseillers municipaux dans l’embarras. Certains confient être dans une situation de plus en plus inconfortable vis à vis des saint-lysiens. Des saint-lysiens, de plus en plus nombreux à prendre conscience et de plus en plus remontés ! Pour preuve, l’association pour la défense du cadre de vie engrange chaque jour de multiples inscriptions.

      Excellente journée

      To be continued…

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